Domaine de l'Octavin »
anciennement Opus Vinum
Alice BOUVOT et Charles DAGAND
www.opusvinum.fr
Jura
1
rue de la Faiencerie, 39600 ARBOIS
Appellation :
Arbois
Agriculture
biologique certifiée par ECOCERT sur 1 ha, le reste est en reconversion -
Vinification traditionnelle
Domaine
familial de 5 ha créé en 2005 par 2 passionnés du vin : un projet de
vie. Après quelques années de vinification dans le monde entier, le retour aux
sources s’est imposé : le Jura, le terroir arboisien. Des terroirs
qu’ils révèlent par un travail de la vigne respectant l’environnement :
pas de désherbage ; enherbement et labours sont leurs points clefs. Une
partie du domaine est agréé Ecocert (AB), le reste en reconversion
(2007-2008). Les rendements ne dépassent pas les 35 hl/ha et les vinifications
respectent le raisin.
La
musique étant leur seconde passion, ils associent chaque cuvée à un
personnage d’opéra de Mozart, association des caractères de la cuvée avec
celui du personnage.
Dès
la présentation de leurs vins aux critiques, ils ont été sélectionnés par
les dégustateurs professionnels de la Revue du Vin de France, Cuisine et Vins
de France (juin, juillet et septembre 2007).
Entretien avec Alice Bouvot
Pour
commencer, qu’est-ce qui vous a décidé à vous inscrire à notre salon ?
Une
région attractive, des organisateurs passionnés, un thème respectueux de
l’environnement.
Qu’est-ce
que pour vous un vin de qualité ?
Un
vin de terroir, qui respecte l’expression et le caractère du terroir,
l’expression du cépage, des raisins murs à la base ; un vin fait avec
amour et avec passion par le vigneron.
Comment
qualifieriez-vous les vins de votre production ?
Vins
de caractères, atypiques du jura par leur concentration, respectueux de leurs
terroirs, faibles rendements (<30hl/ha).
Qu’avez-vous
appris de votre expérience à l’étranger ?
Du
recul, de l’humilité.
La
culture biologique/biodynamique, comment en êtes-vous arrivé à cette réflexion ?
Est-ce pour vous une contrainte de marché ou vous ne vous fiez qu’à vos
convictions ?
Avant
tout, un respect de la nature, un souci de léguer à notre fils (2 ans) des
vignes propres sans résidus chimiques ; une conviction : que le sol
doit vivre pour que le raisin exprime le terroir. Pour nous, ce n’est pas une
contrainte du marché. En effet, nous réagissons et agissons avec notre cœur
et nos convictions mais ne mettons pas en avant notre logo bio.
Comment
ces méthodes biologiques sont-elles appliquées à votre domaine ?
Pas
de désherbage, travail du sol, enherbement, pas de molécules chimiques,
soufre, cuivre (avec modération), tisanes.
La
certification, êtes-vous pour ou contre ? Est-elle pour vous une fin en
soi ?
Nous
sommes « pour » : elle permet de s’assurer du discours du
vigneron. Certains se disent bio à leurs clients mais utilisent des molécules
chimiques.
Vins
conventionnels, bio, naturels… où vous situez-vous parmi ces tendances ?
Bio
« maîtrisé » : gage de qualité vis-à-vis du client. Bio à
la vigne (certification) se réfère au travail de la vigne, sérieux
obligatoire. Travail respectant le raisin à la cave : intervention réfléchie.
Etes-vous
beaucoup dans le Jura à travailler sans chimique ? Comment êtes-vous perçu
par vos collègues ?
De
plus en plus mais il est vrai qu’avoir des vignes bio dans le jura reste très
technique et demande un immense travail à la vigne, un suivi et une observation
quotidienne. Nous sommes bien perçus car nos vignes sont propres mais un ou
deux vignerons « bio » ayant des vignes mal entretenues font du tort
à l’image du bio. Certains de l’ancienne génération restent hermétiques :
voir notre blog (rang de vignes déclassés car désherbé par le voisin !!).
Quelles
sont vos réactions par rapport à la presse en général qui voit dans les vins
bios, naturels ou sans soufre un effet de mode et qui remettent en cause
les méthodes employées par les viticulteurs « bios » pour lutter
contre les maladies ?
Nous
restons « Zen » : il y a des abus qui font du tord au « bio ».
Pour notre part, seuls les résultats comptent et nous avons de très bonnes
critiques.
Terroir
et vins de terroir, des notions peu compréhensibles pour la plupart des
amateurs de vins. Pouvez-vous nous en parler brièvement ? Comment
faites-vous pour retranscrire l’expression de chaque terroir dans le verre ?
C’est
très facile : cuvées parcellaires sur 5 terroirs différents avec des élevages
différents qui permettent de mettre en évidence certains arômes liés soit au
terroir soit à l’élevage. Un exemple type de la notion de terroir est la minéralité
qui est très présente dans nos vins.
Pour
terminer, quel est le vin que vous ayez dégusté qui vous a procuré le plus de
plaisir ? Etait-ce un vin conventionnel ou « bio » ?
Pour
Charles, c’était un Latour 90 et Jacques Puffeney (Jura) tous millésimes
confondus. Pour ma part : Raveneau 1996, vin de paille 97 de Chalandard et
tellement d’autres dont Puffeney évidemment. Bio ou pas : peu importe,
nous ne sommes pas sectaires, on fait du bio pour nous, pour travailler de manière
respectueuse envers notre environnement. Nous n’avons aucune certitude quant
à la qualité supérieure d’un vin bio à celle d’un vin conventionnel.
D’ailleurs, si le travail n’est pas maîtrisé, que ce soit à la vigne ou
à la cave, le vigneron court à la catastrophe qu’il soit bio ou pas et
encore plus pour « le bio ». Pour nous, le travail en bio est une
philosophie, une prise de recul.
05/02/2008
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