Salon des Vignerons à Olne - Belgique

 

Samedi 31 mars et Dimanche 1er avril 2012

 

 

 

   

Domaine Sébastien David »

 

 

Sébastien DAVID

http://patrimoinesd.canalblog.com/

 

Loire

 

Appellation : Saint-Nicolas de Bourgueil

 

Agriculture biologique certifiée par ECOCERT - Vinification naturelle : pas de levurage, pas d’intrant exogène, très peu de SO2

 

 

En premier lieu, plus que le vin, il y a celui qui le façonne, le travaille, l'assouplit… C'est sûrement cela qui a donné, donne, et donnera l'envie à Sébastien de rester vigneron. Il aurait pu dire viticulteur mais au-delà des mots c'est surtout le respect d'un art, d'une technique ancestrale que ses parents, grands-parents et ancêtres lui ont légué.

 

Partant de là, il est un fan du cabernet franc, seul et unique cépage de son exploitation. Les graviers sablonneux lui permettent une culture totale des sols. Le vin est issu d’une culture traditionnelle ancestrale, sans aucun additif de synthèse. Les sols sont travaillés intégralement sans désherbant ni pesticide ou insecticide. A la vendange, le raisin est placé en caissettes afin de garder tout leur goût aux baies et au jus. Sébastien foule le raisin aux pieds dans des cuves en chêne à chapeau ouvert pour en extraire le meilleur sans blesser la vendange. Puis par gravité, la vendange est descendue pour l'élevage en barriques qui durera un an. Et tout cela avant la mise en bouteille, alors que le vin n'aura connu que l'air du temps pour se clarifier et se bonifier.

 


Entretien avec Sébastien David

 

Pour commencer, qu’est-ce qui vous a décidé à vous inscrire à notre salon ?

La participation à ce type de salon me semble évidente, afin de rencontrer des passionnés de vin.

 

Qu’est-ce que pour vous un vin de qualité ?

Franchise et loyauté.

 

« Le vin se fait à la vigne » : que vous inspire cette phrase ?

La stricte vérité, et l’unique espoir d’une gamme de vins issus de terroirs.

 

Comment qualifieriez-vous les vins de votre production ?

Ouverts à la discussion.

 

On a cru comprendre, à travers votre blog, que vous aimez partager vos coups de gueule. Quels sont-ils en ce moment ?

La pensée unique ! Les vignerons qui ne font pas ce qu’ils disent…

 

La culture biologique/biodynamique, comment en êtes-vous arrivé à cette réflexion ?

Les rencontres lors de mes années d’expatrié de passionné de vins et de produits (qu’ils soient bruts ou nobles) m’ont affranchis de l’évidence, de l’existence, de la possibilité de produits propres.

 

Est-ce pour vous une contrainte de marché ou vous ne vous fiez qu’à vos convictions ?

Les contraintes sont souvent plus intellectuelles que financières, la ligne est tracée, il faut juste suivre le cap et ne pas lâcher la barre.

 

Comment ces méthodes sont-elles appliquées à votre domaine ?

L’échange est sûrement le point le plus important, que cela soit avec les clients, ou des confrères.

 

La certification, êtes-vous pour ou contre ? Est-elle pour vous une fin en soi ?

Je suis pour. Malheureusement elle est souvent galvaudée par des ressorts économiques. Elle ne doit pas être un leitmotiv mais une assurance qualité pour le jour où la vérité éclatera sur les produits de synthèse qui sont trop souvent employés.

 

Quelles sont vos réactions par rapport à la presse en général qui voit dans les vins bios, naturels ou sans soufre un effet de mode et qui remettent en cause les méthodes employées par les viticulteurs « bios » pour lutter contre les maladies ?

La mode passe, seule la qualité reste. L’hérésie à de tout temps était dénigrée par des personnes qui ne comprennent pas (et pourtant elle tourne). Alors si les gens nous prennent pour des fous tant pis pour eux, heureux les simples d’esprits. C’est aussi pour cela que j’ai dénommée ma dernière cuvée l’Hurluberlu (mon surnom dans mon village).

 

Avec qui avez-vous des affinités parmi les vignerons présents au salon ? Partagent-ils la même vision que vous du vin et des méthodes de culture et de vinification ?

Je pense et j’espère avoir des affinités avec plusieurs vignerons et ce malgré que nos méthodes soient différentes, tant que chacun reste convaincu des avantages et des inconvénients de chaque méthode et que l’échange reste possible pour de longues discussions le soir au coin du feu…

 

Terroir et vins de terroir, des notions peu compréhensibles pour la plupart des amateurs de vins. Pouvez-vous nous en parler brièvement ? Comment faites-vous pour retranscrire l’expression de chaque terroir dans le verre ?

Minéralité, longueur en bouche, rétro olfaction et qualité du « grain » de vin ne viennent qu’avec le plus grand respect de l’ensemble des paramètres agricoles, végétatifs, œnologiques que sont le terroir.

 

Que pensez-vous des différents guides tels que le guide de la Revue du Vin de France, le guide Hachette… ? Envoyez-vous vos échantillons ? Sinon, pour quelles raisons ?

Je n’envoie des échantillons qu’aux personnes qui souhaitent découvrir mes vins. Les guides du type Hachette qui sont le fruit de dégustation de la part de confrères ne me semblent pas objectifs. La meilleure dégustation se veut à l’aveugle. J’adore laisser traîner une bouteille sur une table et écouter les commentaires des personnes qui ne savent pas que c’est le mien ; c’est la meilleure des remises en cause, et le meilleur point pour évoluer.

 

Pour terminer, quel est le vin que vous ayez dégusté qui vous a procuré le plus de plaisir ? Etais-ce un vin conventionnel ou « bio » ?

C’est une bouteille d’1 litre de vin à 10° de chez Louis JULIAN (Ardèche), dommage qu’elle ne faisait pas le double. Nature et sans soufre, il était gouleyant et rafraîchissant en cette soirée d’été avec des copains.

 

08/01/2008