Domaine Sébastien David »
Sébastien
DAVID
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Loire
Appellation :
Saint-Nicolas de Bourgueil
Agriculture biologique certifiée par ECOCERT - Vinification naturelle : pas de
levurage, pas d’intrant exogène, très peu de SO2
En premier
lieu, plus que le vin, il y a celui qui le façonne, le travaille,
l'assouplit… C'est sûrement cela qui a donné, donne, et donnera l'envie à Sébastien
de rester vigneron. Il aurait pu dire viticulteur mais au-delà des mots c'est
surtout le respect d'un art, d'une technique ancestrale que ses parents,
grands-parents et ancêtres lui ont légué.
Partant de là,
il est un fan du cabernet franc, seul et unique cépage de son exploitation. Les
graviers sablonneux lui permettent une culture totale des sols. Le vin est issu
d’une culture traditionnelle ancestrale, sans aucun additif de synthèse. Les
sols sont travaillés intégralement sans désherbant ni pesticide ou
insecticide. A la vendange, le raisin est placé en caissettes afin de garder
tout leur goût aux baies et au jus. Sébastien foule le raisin aux pieds dans
des cuves en chêne à chapeau ouvert pour en extraire le meilleur sans blesser
la vendange. Puis par gravité, la vendange est descendue pour l'élevage en
barriques qui durera un an. Et tout cela avant la mise en bouteille, alors que
le vin n'aura connu que l'air du temps pour se clarifier et se bonifier.
Entretien avec Sébastien David
Pour
commencer, qu’est-ce qui vous a décidé à vous inscrire à notre salon ?
La
participation à ce type de salon me semble évidente, afin de rencontrer des
passionnés de vin.
Qu’est-ce
que pour vous un vin de qualité ?
Franchise et
loyauté.
« Le vin
se fait à la vigne » : que vous inspire cette phrase ?
La stricte vérité,
et l’unique espoir d’une gamme de vins issus de terroirs.
Comment
qualifieriez-vous les vins de votre production ?
Ouverts à la
discussion.
On a cru
comprendre, à travers votre blog, que vous aimez partager vos coups de gueule.
Quels sont-ils en ce moment ?
La pensée
unique ! Les vignerons qui ne font pas ce qu’ils disent…
La culture
biologique/biodynamique, comment en êtes-vous arrivé à cette réflexion ?
Les rencontres
lors de mes années d’expatrié de passionné de vins et de produits (qu’ils
soient bruts ou nobles) m’ont affranchis de l’évidence, de l’existence,
de la possibilité de produits propres.
Est-ce pour
vous une contrainte de marché ou vous ne vous fiez qu’à vos convictions ?
Les
contraintes sont souvent plus intellectuelles que financières, la ligne est
tracée, il faut juste suivre le cap et ne pas lâcher la barre.
Comment ces
méthodes sont-elles appliquées à votre domaine ?
L’échange
est sûrement le point le plus important, que cela soit avec les clients, ou des
confrères.
La
certification, êtes-vous pour ou contre ? Est-elle pour vous une fin en
soi ?
Je suis pour.
Malheureusement elle est souvent galvaudée par des ressorts économiques. Elle
ne doit pas être un leitmotiv mais une assurance qualité pour le jour où la vérité
éclatera sur les produits de synthèse qui sont trop souvent employés.
Quelles
sont vos réactions par rapport à la presse en général qui voit dans les vins
bios, naturels ou sans soufre un effet de mode et qui remettent en cause
les méthodes employées par les viticulteurs « bios » pour lutter
contre les maladies ?
La mode passe,
seule la qualité reste. L’hérésie à de tout temps était dénigrée par
des personnes qui ne comprennent pas (et pourtant elle tourne). Alors si les
gens nous prennent pour des fous tant pis pour eux, heureux les simples
d’esprits. C’est aussi pour cela que j’ai dénommée ma dernière cuvée
l’Hurluberlu (mon surnom dans mon village).
Avec qui
avez-vous des affinités parmi les vignerons présents au salon ?
Partagent-ils la même vision que vous du vin et des méthodes de culture et de
vinification ?
Je pense et j’espère
avoir des affinités avec plusieurs vignerons et ce malgré que nos méthodes
soient différentes, tant que chacun reste convaincu des avantages et des inconvénients
de chaque méthode et que l’échange reste possible pour de longues
discussions le soir au coin du feu…
Terroir et
vins de terroir, des notions peu compréhensibles pour la plupart des amateurs
de vins. Pouvez-vous nous en parler brièvement ? Comment faites-vous pour
retranscrire l’expression de chaque terroir dans le verre ?
Minéralité,
longueur en bouche, rétro olfaction et qualité du « grain » de vin
ne viennent qu’avec le plus grand respect de l’ensemble des paramètres
agricoles, végétatifs, œnologiques que sont le terroir.
Que
pensez-vous des différents guides tels que le guide de la Revue du Vin de
France, le guide Hachette… ? Envoyez-vous vos échantillons ? Sinon,
pour quelles raisons ?
Je n’envoie
des échantillons qu’aux personnes qui souhaitent découvrir mes vins. Les
guides du type Hachette qui sont le fruit de dégustation de la part de confrères
ne me semblent pas objectifs. La meilleure dégustation se veut à l’aveugle.
J’adore laisser traîner une bouteille sur une table et écouter les
commentaires des personnes qui ne savent pas que c’est le mien ; c’est
la meilleure des remises en cause, et le meilleur point pour évoluer.
Pour
terminer, quel est le vin que vous ayez dégusté qui vous a procuré le plus de
plaisir ? Etais-ce un vin conventionnel ou « bio » ?
C’est une bouteille d’1 litre de vin à 10° de chez Louis JULIAN (Ardèche),
dommage qu’elle ne faisait pas le double. Nature et sans soufre, il était
gouleyant et rafraîchissant en cette soirée d’été avec des copains.
08/01/2008
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